Plusieurs étoiles visibles à l'½il nu dans le ciel, comme Aldébaran (α Tauri) et Altaïr (α Aquilae), ainsi que plusieurs termes d'astronomie comme « alidade », « azimut » et « almucantarat » témoignent par leur morphologie de leur origine arabe
Avec environ 10 000 manuscrits conservés à travers le monde, dont une grande partie n'a toujours pas fait l'objet d'un inventaire bibliographique, le corpus astronomique arabe constitue l'une des composantes les mieux préservées de la littérature scientifique médiévale. Malgré les lacunes bibliographiques, les textes étudiés à ce jour fournissent une image fidèle de l'activité astronomique des peuples de langue arabe.
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Le Coran et l'Astronomie
L'islam encourage les musulmans à rechercher leur chemin grâce aux astres. Le Coran énonce en effet : « C'est lui qui a placé pour vous les étoiles (dans le ciel) afin que vous soyez dirigés dans les ténèbres sur la terre et sur les mers. » Avec une telle incitation, les premiers musulmans ne tardèrent pas à perfectionner les instruments astronomiques et de navigation, d'où vient qu'aujourd'hui encore, la plupart des étoiles naguère utilisées par les marins portent des noms arabes.
Le Coran influa également sur l'astronomie arabe « par son enseignement selon lequel l'Univers est réglé selon une loi fondamentale » qui « plonge ses racines dans le concept islamique du tawhîd, l'unité de Dieu », ainsi que par « la place plus importante qu'il accorde aux données empiriques que ne le faisaient la civilisation hellène » qui poussa les musulmans à « s'investir davantage dans l'observation du ciel que ne l'avaient fait les penseurs grecs, notamment les platoniciens et les aristotéliciens », lesquels se défiaient des représentations des sens et estimaient que la raison suffit pour comprendre la Nature. L'accent mis par le Coran sur l'importance de l'observation, de l'interprétation et de la contemplation (par la récurrence des verbes « voir », « méditer » et « contempler »), poussèrent ainsi les musulmans à concevoir une méthode scientifique originale accordant une place particulière aux faits d'observation. Muhammad Iqbal écrit à ce sujet :
« Le ton généralement empiriste du Coran suscita chez ses lecteurs le respect des faits, et devait faire d'eux les pionniers de la science moderne. Ce n'était pas un mince progrès que d'éveiller l'empirisme à une époque qui se détournait du visible comme dépourvu de valeur pour l'homme dans sa quête du Divin. »
On trouve d'ailleurs plusieurs versets cosmologiques dans le Coran (610-632), que certains auteurs modernes n'ont pas hésité à interpréter comme des intuitions de expansion de l'univers et même de la théorie du Big Bang:
« Les infidèles ne voient-ils pas que les cieux et la terre formaient une masse compacte, et que nous les avons séparés? »
« Nous avons bâti le ciel de nos mains et nous l'avons étendu dans l'espace. »
Divers hadiths attribués à Mahomet témoignent aussi qu'il s'est opposé à l'astrologie et aux superstitions en général. Par exemple, lorsqu'une éclipse survint à la mort de son fils Ibrahim ibn Muhammad, et qu'une rumeur interprétait ce phénomène comme un signe de la compassion de Dieu, Le Prophète Mohammad aurait affirmé :
« Une éclipse est un phénomène naturel. C'est folie d'attribuer de telles choses à la mort ou à la naissance d'un homme. »
